19.4.06

Uma vela...

...................... . pela memória, contra o esquecimento.
«Dans l'effort qu'il fit pour se lever, une gerbe de sang fusa. Il parvint à poser un pied sur le rebord de la cuvette; et tirant de sa main accrochée à l'encadrement de la fenêtre, se hissa jusqu'à poser le second pied. Rapprochant ses bras dans la position d'un plongeur, il faufila une moitié de son corps dans le carré béant de la fenêtre et se trouva suspendu entre terre et ciel. Son bras gauche pendant le long de la muraille, saignait déjá jusqu'au premier étage.

Au-dessus du marronnier passaient d'énormes oiseaux dont les ailes de papillons, jaunes, bleues, vertes, réfléchissaient le soleil comme des glaces. Les oiseaux papillons filaient si vite qu'on pouvait les suivre du regard; ils s'élevaient si haut par-dessus les toits, par-dessus le marronnier et le petit garçon, que ce dernier se moqua doucement de soi.

Soudain l'âcre odeur du sang s'évanouit, son bras cessa de saigner, les papillons s'atténuèrent et des paroles chantantes et traversées de rêve se firent entendre, tandis que le soleil prenait le visage d'Ernie dans ses mains douces; c'étaient les paroles que prononçait l'ancêtre tous les vendredis soir, au repas solemnel qui ouvre le sabat de gloire et de paix, les paroles du Psalmiste:"Viens, bien-aimé, au devant de ta fiancée."» in Le dernier des Justes , de André Schwartz-Bart (p.232-3), Éditons du Seuil, 1959

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